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Marchés émergents

28/02/2013

MACRO-ÉCONOMIQUES

La réduction des risques macro-économiques et l’amélioration globale sur le front de la dette (Etats-Unis et Chine) sont une bonne nouvelle pour les pays émergents. Bien que la reprise boursière créée par l’accord de dernière heure sur la résolution de la «falaise budgétaire» pourrait connaître un recul dans les prochains mois, nous nous attendons à un accord qui libérerait les dépenses d’investissement des entreprises, dynamisant la croissance au 2nd semestre. Pour ceux qui peuvent faire face aux incertitudes du court terme, la situation semble assez favorable à une surperformance des pays émergents au travers d’une approche sélective : un risque systémique réduit, une croissance mondiale plus forte, une pression inflationniste assez bénigne, et des liquidités mondiales abondantes, avec les fondamentaux des pays émergents toujours plus favorables que ceux des pays développés.

ASIE
Les données récentes indiquent une reprise de la croissance. Les indices globaux manufacturiers (PMI) sont à la hausse (la Corée a vu pour la première fois en 7 mois indiquer une expansion de l’activité, celui de la Chine continue de progresser), et la croissance des exportations franchit un cap. Celle-ci sera vraisemblablement plus fortement soutenue par la reconstitution des stocks au niveau mondial (principalement grâce à la demande américaine et chinoise, surtout une fois dissipée l’incertitude sur la falaise fiscale). Le récent plan de relance japonais est la principale menace qui pèse sur notre vision favorable de la Corée, du fait de la perte de compétitivité résultant de l’appréciation du Won face au Yen.Une croissance décevante en Corée pourrait constituer un argument pour une relance additionnelle, à la fois monétaire (baisse des taux) et budgétaire (loi de finances rectificative). Alors que le KRW continue à subir une pression haussière, on peut anticiper une intervention sur le marché des changes pour limiter la volatilité de la devise.

Indice PMI Manufacturiers

EMEA (Afrique / Moyen-Orient / Europe de l’Est)
Avec la zone euro toujours en récession, y compris la croissance « molle » de l’Allemagne, la région devrait être encore à la traîne des régions émergentes en 2013. Les exportateurs de pétrole/matières premières, parmi lesquels beaucoup de pays africains (Ghana, Nigéria, Arabie Saoudite, Russie) devraient connaître des niveaux de croissance respectables. La Turquie démarre 2013 vigoureusement (PMI plus fort, voir tableau, la croissance devrait augmenter de 2,5 % en 2012 à 4 %, quoique l’inflation pourrait devenir un souci), pendant que le reste de la région se débattra. Nous pensons que la Russie offre des perspectives de croissance stables, mais avec l’avantage d’une inflation potentiellement en baisse à partir du milieu de l’année qui pourrait déclencher une baisse des taux au 2e semestre.

WON Coreen

AMÉRIQUE LATINE
La région est sur le point d’enregistrer en 2013 la plus forte progression de croissance. Ceci explique la croissance du Brésil qui devrait passer de 1 % en 2012 à 3,5 % cette année. Nous sommes néanmoins circonspects sur le choix du gouvernement d’intervenir de manière significative dans l’économie (intervention sur le marché des changes, contrôle des prix…). Etant donné que la demande intérieure dans la région est toujours forte avec des marchés de l’emploi tendus, les pressions inflationnistes pourraient augmenter plus tard durant l’année. Nous nous attendons cependant à ce que des mesures macro-prudentielles soient privilégiées par rapport à la hausse des taux, au moins dans un premier temps. Le Mexique continue à bénéficier d’une demande intérieure plus forte et de réformes ; nous anticipons une appréciation continue du MXN avec un faible risque d’intervention de la banque centrale.

LATAM croissance en hausse au brésil

Stratégiste Société Générale Private Banking
Responsable mondial des marchés de taux Société Générale Private Banking